dimanche 16 septembre 2007

APRES MINUIT C'EST LA NUIT.

Comment est ce que je pourrais dormir, alors que cette nuit pourrait.

Alors que pourtant il suffirait de croire que je pourrai tenir sans éveil jusqu'à l'aube pour qu'une nouvelle journée se lève, Peut être pleine de surprise a dit Ma.

Les plaquettes, Chaval, les plaquettes, Toulouse, les plaquettes redescendues si bas ce matin qui martèlent entre chaque essai.
Chaque plaquage.

Je sais maintenant.

La chambre, les vitres, les vêtements stériles, ton masque, ton visage pâle qu'aucune chimiothérapie n'a jamais réussi à déplumer.

Mes lèvres sur ton front le plus longtemps possible, au cas où ce serait un adieu.

C'était bien cette perte quelques heures avant, des arbres, des rues, tout inconnu, de mauvaises directions en déroutes consenties, atterrir tout du moins les pneus dans une banlieue étrangère en ensoleillée et vidée de tout hasard impossible à cet heure. Ne connaitre personne à coup sûr. Ne plus craindre de laisser tout jaillir. Les spasmes, les rigoles séchées par le vent de la vitesse même faible.

Ca ira mieux dans quarante huit heures. Ta dernière phrase gaulée au vol sous le masque. Vous êtes beaux. Mon frère, moi.

Tes immenses jambes dissimulées, on aperçoit juste le bout d'une chaussette marine.

Ta main, la tâche noire en centre de son dos qui raconte les aiguilles ailleurs désormais.

L'écran du côté droit avec ces courbes en temps réel.

Les autres machines.

Les sons de l'électronique dans cet endroit si rendu au silence.

Comment pourrais-je dormir.

Et mes frères. Où sont mes frères, là, maintenant, tout de suite. Comment est ce qu'il gèrent, eux. Ma.

J'ai eu tellement peur hier. J'avais tellement les jetons. La trouille. Voir un ami pleurer c'est une chose mais un frère.

Toi je sais que tu seras naturelle . Tu me connais Mu. Tu m'as mis au monde. Neuf mois pour savoir mieux que personne que mes épaules resteront droites, mes yeux secs, ma parole juste, mes intentions tendres, mes sourires officiels.

Je voudrais être déjà à ce demain matin où tu auras comme jean encore fait mentir les lois du monde. Sans m'éveiller en plein noir pour observer l'angoisse tourner.

Je ne dirai rien, sois tranquille.

Bien sûr que je ne dirai rien.

Tu ne voulais pas qu'on te voie aujourd'hui donc je n'ai pas pu te le dire, comme programmé hier.

Je n'ai pas pu te dire que tu seras toujours mon père ce héros, mon soleil même. Le zéro est mort, je l'ai enterré.

Je n'ai pas pu te dire Je t'aime.

Demain.

Reposes toi, moi je veille.

4 commentaires:

sandra a dit…

oh ceecee

Phi a dit…

En sororité

zita incognita a dit…

(je t'embrasse, avec les deux bras )

Sonje a dit…

Là où tu te caches, tu ne peux cacher ta douleur. Il y a dans ton murmure le chant de la vie, le chant des possibles. L'adieu aux arbres, à la terre, aux rêves vieillis. Mais il y a aussi la vie, son souffle, ses beautés, les nuages qui veillent sur toi, sur tes rêves en devenir. Je t'embrasse fort