Hier nocturne hantée N. me demande pourquoi encore ne pas réserver ça pour un opus.
Ca remonte à bientôt deux ans, maintenant. Le pourquoi. Le waÏ ( bordel). Le why ( anglicisme, et en même temps, de moins en moins envie des anglicismes, retrouver la langue matriciale, faire l'effort ).
La mort du père spritituel. Du mentor.
Ecrire, au Brésil, pourquoi lui toujours c'est comme ça, c'est le Brésil, la mort du père spritituel.
Toper tous les symboles, les signes, les concordances, les hasards qui n'en sont pas, provoquer tous ces phénomènes, spiritualité locale, méditation, concentration, perdition, confrontation.
Tenir un texte, au retour.
Mais.
Mais le jour du retour.
Le père, le vrai du sang de la chair des neurones des ressemblances des traits de la génétique, lui, menacé, à terre allongé, cliniquement à terre.
Sa mort à lui, pour l'accoup ( violence extrême dudit accoup ), annoncée sans fard et fanfare.
Alors, depuis, savoir et vivre que tout est suspendu.
Le livre, le livre qui viendra pourrait s'appeler, déjà, Avant-Après.
Quand les deux pères, les deux âmes seront confondues, mêlées, ne feront plus qu'un.
Un vide immense.
Un vertige.
Mon texte aussi, est sursitaire.
Il saillira en douleur quand celle-ci sera si puissante si forte si impraticable qu'il n'y aura que le texte pour sauver.
On m' a souvent demandé pourquoi je ne le faisais pas, maintenant ( de son vivant ).
Parce que l'amour que j'ai pour lui, cet immense et difficile amour, est une prison, une torture vivace de laquelle les mots n'ont pas le doit de s'échapper. Parce que le jugement s'il en est, doit appartenir à l'au-delà.
M. il y a trois jours, gueulait dans la nuit " Fini, c'est la fin du jugement ".
Plusieurs fois il l'a crié devant le grand édifice tubulaire.
Il n'y aura pas de soulagment, c'est faux.
il y aura une incohercible douleur, une fulgurance perpétuelle et lancinante.
Dont il faut avoir peur aujourd'hui, pour continuer à croire et sourire.
Le texte peut attendre, encore longtemps s'il le faut.
Il est là, tapi, rédigé de moitié et sera tout à reprendre.
L'objectif quotidien du moment, c'est regarder la minute, observer l'instant pour ne pas rompre, ne pas se projeter inutilement pour ne pas précipiter ce qui devra arriver, un jour, une nuit, qui sait.
Personne ne sait. Et moi encore moins.
L. au téléphone là tout de suite qui brise temporairement le fil Nos septembres noirs, dit il.
Le texte est là, en suspend.
Il fait beau, par la fenêtre de l'hopital on voit certainement le ciel.
C'est tout ce que je souhaite. Maintenant.
Qu'il voie le ciel.
C'est ça, la continuité définitive des Soleils.
jeudi 13 septembre 2007
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1 commentaires:
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