
On entre en pays Laforien comme on s'immerge dans un univers polysens(uel)ible,
sensibilité des mots choisis et des rimes à sourires,
des mélodies tour à tour sournoisement démiurges
et cyniquement mutines,
sensualité d'un genre, l'humour-drame.
( quoi de plus sensuel que l'humour ?)( messieurs le drame vous va si bien)
Sur scène quand il y est seul à quai,
le trublion des aphorismes mis en comptines pour adultes désab(am-)usés joue des ruptures et des successions inattendues,
cassant les phrases pour donner du sens à ce qui les achève ( et nous avec ),
ou au contraire additionnant à fond tout ce qui s'accouple phonétiquement, amenant par là l'auditeur ( épuisé mais ô combien ravi de la crêche) à se demander comment diantre il n'y avait pas pensé plus tôt ? ( propre de l'humain confronté à l'invention géniale ).
Le verbe idéalement maîtrisé, le manche lui aussi bien en main, David Lafore nous promène nous ballade nous égratigne et nous emballe.
On sort ficelé de ses performances solo, attaché sans recours à ce que l'on fredonnera désormais jusque sous une douche où l'on a encore le droit de fumer,
condamné à ses ritournelles pour une perpétuité de chanson paillarde.
A plusieurs ( cinq têtes ) le pays se déploie,
entre mâles la partie se noue et la frénésie se dénoue,
qui clôt les partitions en gig(ue)s de fanfare tour à tour tzigane ou hispanisante peu importe ( cinq têtes, ça fait du monde en géographie)
la rampe l'éclaire lui ( et son slip rouge des grands jours ) et le partage lui sied au(x) talent(s),
il est maître de sa bande comme du public qu'il harangue et dérange dans son inertie auditive.
La joute prend et décape des regards en coin, l'hydre s'amuse à se dominer les unes et les autres et c'est nous parterre qui dépose les armes.
D'autres s'en sont chargés et le feront ( peut-il en être autrement ) (faut-il ajouter hélàs ) sans nul doute encore, aller
débusquer dans le pays Laforien mille origines et ressemblances de pays d'avant ( et de maintenant, allez) ( d'anciens génies, si ).
Qu'on s'épargne ici cette inutile ( aussi fortuite que chiante, préciser ?) nécessité de toujours classer en référence...
( être maître en sa région critique, quel luxe ).
David Lafore ne ressemble à personne.
Ni son écriture.
Ni son personnage.
Ni sa présence scénique.
Ni ses moments taciturnes ( il a ses mauvaises têtes, cinq ça fait peu ) ( et ses mauvais soirs ) ( il y a aussi des mauvais publics, convenons-en, comme chantait l'homme à la salopette rayée ).
Il est celui qu'il faut connaître (on ne peut pas tout rater de ce qui se fait de bien ), qu'on s'enorgueillira d'avoir connu avant les autres ( on vous aura pourtant prévenus ).
J'ai rencontré David Lafore
sur une île,
chance de la parenthèse et d'un banc à contes,
et, si l'histoire fut déjà déballée en d'autres feuilles,
elle n'en reste pas moins celle qui donne le la d'un poète qui s'en défend " Je suis une fleur de rond point ".... (dit-il)(chante t'il, pour dire)
C'est l'origine de la sombre et divine
" j'ai massacré tout un pays".
" J'étais allé faire un concert dans un asile. Oh, un asile propre. Et puis j'étais là, assis dans une salle, à attendre, quand cette fille est arrivée. Elle devait avoir 25 ans, elle était comme ça, un peu boulotte. Elle s'est assise à côté de moi, elle avait un gros pull en polaire violet. Elle ne disait trop rien, un long silence même, et puis tout d'un coup c'est sorti. " J'ai massacré tout un pays ". Le regard droit devant. Elle a répété " J'ai massacré tout un pays "...
La suite c'est une histoire de frère, de famille détruite. Personne ne saura.
Ce qui restera vérité universelle en revanche,
c'est l'énigme des chansons magnifiques,
à la violence contenue comme les tragédies ( même modernes) seules...
Les chansons de David Lafore sont comme lui au fond, quelque-chose qui, lorsqu'on les a rencontré(es), vous font aimer à vie.
" J'ai massacré... tout un pays...un pays doux...aux frévolants
Encenser...tout un pays...un pays saoul...et frivolant.
Merci.
( David )
Encore.
( Lafore )
http://www.myspace.com/davidlafore
1 commentaires:
je suis jalouuuuuuuuuuuuuuuuuou...je vais ecouter ce David.
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