Cet espace n'était nullement destiné à ce qu'il est en passe de devenir.
Planque initiale des tribulations habituelles, il s'est mu en isoloir, en lieu éphémère, pour déposer.
Bien malgré l'intention.
Nulle part il ne sera possible de dire, exprimer comme ici, les mots ressassés sans cesse à chaque fois que les accoups frappent et vampirisent l'oxygène à parole.
D'aucun peuvent bien considérer l'impudeur, nul ne les oblige.
Quand habitude fut prise, dont plusieurs objets témoignent, de matérialiser l'inconcevable avec la seule arme détenue, quand la bataille exulte et exhibe les incontournables ruines intérieures, fussent-elles en construction, la mécanique reprend ses droits sur la réflexion à long terme, et aligne les lignes comme on extirpe de soi le danger avant qu'il ne vous détruise.
Depuis sept jours maintenant l'étau resserrant, l'entonnoir dessiné, l'unique voie de rédemption est le discours couché.
Ni hurlement ni chuchottis, la voix module, et se tait dans l'atmosphère, seul ici, elle jugule et s'arque-boute, pour libérer des obsessions et autoriser le repos ( la veille ).
Le dénuement total de redondance dans l'enchainnement des heures dernières, aussi, pousse au défrichage.
Pour avoir posé la question maintes et maintes fois à d'autres, et parce qu'une définition comme le reste, peut se recalculer dans l'instant, j'affirmerais que l'impudeur, ce serait sortir et faire semblant ailleurs que là où c'est intégralement obligatoire, noyer le flux de ce qui doit être écrit dans les limbes trop connues des degrés mensongers, perdre le fil ténu et pourtant si solide qui lie chaque moment chaque demi-journée chaque réveil chaque soir.
L'impudeur ce serait refuser de vivre : ça.
La mort.
Le virus HIV m'a appris cette leçon imparable.
La mort fait partie de la vie. Et son injustice se doit toujours d'être aboyée de quelque manière que ce soit.
Ils ont été toute une génération trop jeune pour mourir, à nous offrir cet héritage, en refusant.
Ils ont changé l'hopital.
Révolutionné la fin de vie.
Transfiguré l'injuste en progrès social.
La gueule, souvent jusqu'à plus de corde, grande ouverte.
L'impudeur, ce serait céder à la tentation de ne pas vivre pleinement la terreur monumentale que nous inflige la mort quand elle frappe devant soi.
L'impudeur, ce serait le refuge artificiel dans l'abnégation de l'angoisse.
Ce serait d'outrepasser la parenthèse pour ne garder que les deux côtés de la phrase, la mort comme une phase cachée.
Oui, ça n'est pas gai.
Ni drôle.
Ni cynique.
A peine parfois, désinvolte, parce que la respiration est vitale si l'on veut continuer. Puisqu'il le faut.
Dans le vase clos et hermétique de cette période indéfinie, dans l'enceinte épaisse de ces jours qui dureront peut etre des semaines des mois des années personne, PERSONNE, ne sait, l'impudeur serait refuser de se mettre à nu, de se déssaper totalement des oripeaux du quotidien de l'histoire de la genèse, pour montrer ce qui reste, au fond, après.
L'amour. Et lui seul.
Oser ou pas n'est pas la question quand tout cela s'impose de soi seul.
La lutte n'est pas achevée, loin s'en faut.
Ni celle de cette existence suspendue. Ni celles que nous impose le spectacle auquel tout cela s'adonne.
Dominer le rythme des larmes fondamentales, maîtriser la compassion quand elle est à même d'achever celui qui résiste, contrôler l'appétit quand la faim parait obsène.
Il n'y a pas de compteur ni de statistiques inhérents à cet espace provisoire. Délibérément, le passage des uns et des autres restera donc lettre secrète, hormis bien sûr pour ceux qui s'expriment.
Que les autres, les silencieux qui trouvent le courage de lire ce qui n'est ni facile ni drôle ni un passe-temps anodin trouvent ici l'expression ( elle même consacrée ) de ma profonde gratitude, parce que l'exercice est périlleux et l'effort soutenant.
Si je raconte par exemple qu'une des préoccupations est de répondre à la demande de M. Fournir par mail un morceau pour la crémation de son père. Un et un seul. Avec l'ambition affichée par lui de faire jaillir de son visage sec malgré lui l'eau salvatrice. Alors, chercher pendant tous ces trajets, revue des titres phares quand il s'agit de ne plus rien contrôler, pour le coup.
L'impudeur, ce serait aussi et enfin de faire semblant d'oublier, que pendant la durée que durera cette danse infernale, tout peut être dit et fait par chacun des protagonistes. Pour que les autres puissent juger et médire, baver et se répandre, alors que l'origine de ces bavardages n'est que le dénominateur commun d'une immense colère.
L'impudeur, ce serait dévoiler les cuisines de ce trois étoiles qu'est la fin d'une vie de génie.
Encore une fois merci à vous.
D'étre si courageux face à mon épreuve.
mercredi 19 septembre 2007
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3 commentaires:
ici c'est chez toi, nous ne sommes que tes invités et je t'en remercie.
juste lire tendrement puisqu'on se connait peu comme s'asseoir en silence parce que tout autour l'est ,de nuit .nous savons si peu de cet effroi-là , puisqu'on reste dehors et après , même l'oreille collée au bois ou à la pierre , on entend désespérément rien
Mon coeur est ici...
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